Choisir son psy
Guide pour comprendre les différentes professions du domaine psy en France : psychologues, psychiatres, psychanalystes et autres praticiens.

Psy… Voilà un drôle de mot passé dans le langage courant ! Mais qui est vraiment psy ? Il est difficile de se repérer lorsqu’on souhaite s’adresser à un professionnel. Il existe un dispositif légal qui encadre les activités du domaine psy. Voici donc un panel non exhaustif qui vous permettra de savoir à qui vous vous adressez. Petite boussole en milieu psy…
Professions réglementées
Le psychologue
Le psychologue est un expert du fonctionnement psychique. Le titre de psychologue, protégé par la loi du 25 juillet 1985, est accessible après une formation universitaire de haut niveau (3e cycle, bac +5).
Le psychologue peut évaluer, à l’aide de bilans et de tests, le fonctionnement affectif et cognitif du sujet. Le psychologue est à même de conduire des psychothérapies qui peuvent prendre plusieurs aspects suivant sa formation.
À noter que seul un travail personnel de thérapie sur de longues années qualifie le psychologue en tant que thérapeute. Un psychologue doit aussi être enregistré auprès des autorités compétentes : cet enregistrement permet son identification dans le répertoire national et l’attribution d’un numéro RPPS.
La profession de psychologue est une profession réglementée, encadrée par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.
L’usurpation du titre de psychologue est un délit. La loi renvoie aux peines prévues pour l’usurpation de titre : l’article 433-17 du Code pénal prévoit jusqu’à un an d’emprisonnement et 15 000 euros d’amende pour l’usage, sans droit, d’un titre attaché à une profession réglementée.
Le psychiatre
Le psychiatre est un médecin spécialiste des maladies psychiatriques. Il peut à ce titre prescrire des médicaments qui soulagent la souffrance psychique.
Il peut mener des psychothérapies - non remboursées la plupart du temps - mais, bien que la loi l’y autorise sans détour, il est préférable, comme pour le psychologue, qu’il ait effectué un travail personnel. Le numéro RPPS permet de s’assurer que le praticien exerce légalement.
Le psychomotricien
Le travail du psychomotricien vise à traiter, par et au travers du corps, les troubles psychologiques ou psychiatriques. Le cursus, d’une durée de trois ans, mêle un enseignement en anatomie fonctionnelle, physiologie, psychologie, psychiatrie. La fin des études est sanctionnée par l’obtention du diplôme d’État de psychomotricité.
La relaxation, les techniques corporelles, font partie des outils du psychomotricien. Le psychomotricien, comme le psychologue, doit posséder un identifiant professionnel consultable dans les répertoires nationaux.
Le psychothérapeute
Le titre de psychothérapeute est réglementé depuis le décret du 20 mai 2010. Ne peuvent faire usage de ce titre que les professionnels dont les critères de formation correspondent à la loi et qui sont inscrits sur la liste prévue à cet effet ; cette inscription doit être réalisée avant toute utilisation du titre de psychothérapeute.
Malheureusement, cette loi censée limiter les dérives sectaires est parfois contournée par des praticiens peu scrupuleux qui s’autoproclament “praticiens en psychothérapie” ou encore tout simplement “thérapeutes”.
Tous ne sont pas dangereux, mais ces activités non encadrées prodiguées pas des thérapeutes le plus souvent peu formés peuvent facilement dériver vers des pratiques sectaires, voire franchement nocives.
Professions non règlementées
Le psychanalyste
Est psychanalyste celui qui se réfère à la théorie psychanalytique et qui met en oeuvre avec ses patients un dispositif analytique. Évident, mais pas si simple. En réalité, si l’État français ne légifère pas - encore - sur le statut des psychanalystes, ces derniers ont depuis longtemps mis en place des instances de régulation et d’encadrement de leur activité.
Les psychanalystes français sont regroupés au sein de diverses associations dont seules trois sont reconnues par l’Association Psychanalytique Internationale. Souvent psychologues ou médecins, mais pas nécessairement, les futurs psychanalystes doivent suivre un long parcours de formation, tant personnelle que théorique avant d’être reconnus par leurs pairs.
Praticien en psychothérapie
Praticien en psychothérapie ou encore psychopraticien est une appellation récente qui découle de la loi sur le titre de psychothérapeute. Les psychothérapeutes sans formation reconnue se sont ainsi regroupés, dans le meilleur des cas au sein d’associations qui contrôlent la formation de leurs membres.
Attention toutefois aux autoproclamés et aux associations fantaisistes. Ici, seul votre discernement peut vous guider.
Développement personnel
C’est dans cette catégorie que l’on retrouve les praticiens en psychothérapie, parfois sérieusement formés, et certains thérapeutes aux idées parfois originales. C’est également dans cette catégorie que l’on rencontre le plus de dérives sectaires. C’est un véritable fourre-tout.
Sophrologie, sophro-analyse, bio-énergétique, PNL, EMDR et autres, si elles ne sont pas nocives la plupart du temps, ne sont pas des psychothérapies. Si le principe de ces méthodes est parfois reconnu, voire utile en accompagnement du travail psychothérapeutique réalisé par un professionnel, il faut être très vigilant et ne pas donner son âme au premier gourou charismatique venu.
Le coach, le coach de vie
Le coaching — qu’il soit « de vie », « personnel », « professionnel » ou autre — n’est encadré par aucun texte légal en France. N’importe qui peut se proclamer coach du jour au lendemain, sans formation, sans diplôme, sans supervision. Certains coachs sont sérieusement formés et exercent dans un cadre éthique bien défini ; d’autres font peser des risques réels sur des personnes en difficulté.
La différence fondamentale avec le psychologue tient à l’objet même de la démarche. Le coaching s’adresse à des personnes qui vont bien et cherchent à progresser — améliorer leurs performances, clarifier un projet, traverser une transition professionnelle. Il travaille sur le présent et l’avenir, sur des objectifs concrets. La psychothérapie, elle, s’adresse à la souffrance psychique : elle explore les conflits intérieurs, l’histoire du sujet, les mécanismes inconscients qui entravent son fonctionnement. Un coach n’est pas formé pour cela, et s’y aventurer sans compétence clinique peut aggraver une situation fragilisée.
Si vous traversez une période de détresse, d’anxiété, de dépression ou de crise, consultez un psychologue ou un médecin ou bien encore rendez-vous aux urgences — pas un coach. Les certifications privées non reconnues par l’État et les tarifs élevés ne garantissent rien sur la qualité ni sur la sécurité de l’accompagnement.
